CILLERO, Javi

(Bilbao, 1961)

"Je m'appelle Javi Cillero. Cela ne vous dira pas grand-chose; je ferais donc mieux d'ajouter quelques informations. J'ai fait des études de Journalisme et de Traduction au Pays Basque et j'ai empoché le diplôme Ph.D de Littérature Basque à l'Université du Nevada, à Reno (Etats-Unis). La fiction détective est ma spécialité; ou devrais-je dire ma lubie?

J'ai traduit en langue basque des ½uvres de Mark Twain, Roald Dahl, Charles Dickens, Robert Bloch, Ross McDonald, Ernest Hemingway et F. Scott Fitzgerald. J'ai également écrit des livres de littérature jeunesse, tels que Eddy Merckxen gurpila (1994) et Thailandiako noodle izugarriak (2001). Avant la fin du millénaire, j'ai pu publier un recueil de récits (Hollywood eta biok, 2001). Au cas où.

Quand j'écris, j'aime jouer avec les évènements parallèles, les flashback et la diversité de points de vue. Vous l'aurez peut-être compris, j'aime énormément le cinéma. Seulement, la production littérature est moins coûteuse. Je crois au pouvoir thérapeutique du récit de contes, et je crois aussi que nous avons tous quelque chose à raconter. J'ai développé mon écriture tel un peintre zen: durant quelques années, j'ai tenu mon pinceau devant la toile blanche, jusqu'à ce qu'un jour, l'histoire que j'avais attendu longtemps se montre et que j'essaie de m'en emparer, à coups de crayon rapides.

Je n'en suis pas encore là, mais mon parcours m'a permis de rassembler quelques histoires. Disons que la vie apparaît déguisée dans la littérature et que la littérature elle-même parle de la vie, en utilisant ses propres déguisements. Il est grand temps de lire, désormais".

Cillero, Javi, "Biografia", in Olaziregi, M.J. (bil.) An Anthology of Basque Short Stories, Center for Basque Studies, University of Nevada, Reno, 2004.


© Estibalitz Ezkerra

© Traduction: Nahia Zubeldia




Javi Cillero obtient une licence de Sciences de l'Information à l'Université du Pays Basque (1984), puis un Master de Traduction à l'Université de Deusto. Il développe et présente une thèse sur la fiction détective dans la littérature basque à l'Université du Nevada, à Reno, en 2000. L'article Contemporary Basque Fiction Revisited présenté dans le recueil Basque Cultural Studies (Reno: Basque Studies Program, 2000), écrit par William A. Douglass, Carmelo Urza, Linda White et Joseba Zulaika, présente les grandes lignes de sa thèse.

L'auteur vit aujourd'hui à Genève (Suisse) et travaille dans un organisme international lié à la traduction.

En 1994, il publie, dans la littérature jeunesse, Eddy Merckxen gurpila (Erein), pour lequel il recevra le prix Xabier Lizardi organisé par la Mairie de Zarautz. Dans le même domaine, il écrit ensuite Norena da Virginia City? (Desclee de Brouwer, 1995), Thailandiako noodle izugarriak (Alberdania, 2001) et Kofi itsasora bidean (Aizkorri, 2001).

Il a également écrit une pièce de théâtre, Uztailaren laua, Renon (Kutxa, 1999), qui lui a valu le prix Donostia Hiria de la meilleure pièce de théâtre en langue basque. Le récit est situé à Reno (Nevada, Etats-Unis) et met en scène un vieillard aimant parier aux courses de chevaux et un jeune dont il ne sait pas qu'il est son fils.

C'est aussi en 1999 que Cillero publie son premier recueil de récits, Hollywood eta biok (Alberdania), dans lequel vingt-neuf brefs récits regorgeant de références à la littérature et au cinéma étatsuniens se construisent, loin de toute structure linéaire. «Comme le laisse présager le titre lui-même (Hollywood et moi), on trouve sans cesse dans ce livre l'écho de l'ambiance de la production cinématographique des Etats-Unis telle que nous la connaissons: les motels en bord d'autoroute, les quartiers chinois des grandes villes, les fermes secouées par le vent du désert, San Francisco et Las Vegas, Reno et Los Angeles. Par moments, cependant, l'auteur nous prouve que cette Amérique infinie peut également se trouver parmi nous, puisqu'il porte le récit à Bilbao, à Bayonne ou à Tardets. Enfin, on trouve dans ce recueil un troisième groupe de récits composant des sortes d'hommages littéraires, ou plutôt des remakes désaxés ironiques d'oeuvres des grands noms cités ci-dessus.

»Les vingt-neuf récits de Hollywood eta biok sont quelquefois longs, quelquefois courts et parfois même très courts -probablement les meilleurs du livre- ces récits présentent différents degrés d'intensité et de réussite, des plus courants aux plus anthologiques. Néanmoins, le lecteur trouvera dans chacun d'eux l'expérience et le savoir, quelque chose qui le touchera au c½ur ou qui lui tirera un sourire malicieux » (in Epaltza, Aingeru. "Amerika gurean", Nabarra, 2001-08).

Le Centre de Linguistique Appliquée Atenea de Madrid publie en 2004 la traduction espagnole de Hollywood eta biok, sous le titre Hollywood me mata.

Ero hiria (Alberdania, 2005) représente le deuxième recueil de récits de Cillero. Cette fois, les histoires se situent à Reno et ont également la ville de Reno pour personnage principal. «Dans ce livre, on trouve plusieurs références au film The Misfits de John Huston, car Ero hiria est une vitrine de ceux qui n'arrivent pas à s'adapter, des déplacés, des personnages qui se sentent mal à l'aise: les personnages qui y sont présentés ne peuvent être placés sur une carte. Ils n'essaient peut-être même pas de le faire, sans doute parce qu'ils savent que le fait de savoir précisément où se placer sur une carte leur provoquerait vertige ou dépression.

»Le fait que tous les récits soient situés à Reno ("la frontière des Etats-Unis ne se trouve pas dans l'Océan Pacifique mais dans les casinos du Nevada" dit l'un des personnages), le fait que ces histoires soient placées dans des coordonnées si précises, amplifie l'aliénation des personnages et le lecteur se met tout de suite dans la peau ce des hommes et femmes complexes. Ce ne sont pas forcément des personnages marginaux et sans ressources économiques, puisque beaucoup d'entre eux sont enseignants, voyagent en avion de congrès en congrès, mais cela ne peut en rien camoufler leur nature extrêmement faible: non seulement la couverture intellectuelle n'allège pas leur poids, mais elle peut parfois amplifier leur désespoir. Comme chacun sait, Reno compte une communauté basque assez importante; les clins d'oeil ironiques sur ce sujet ne manquent pas, pas plus que les discussions "intellectuelles" -les guillemets sont au moins à doubler!- aux accents européens si appréciés par Woody Allen» (Tiré du texte lu par Harkaitz Cano à Donostia-San Sebastián, le 5 avril 2006. Voir le texte complet sur le site web de la maison d'édition Alberdania).

D'autre part, Cillero a traduit de nombreuses ½uvres d'auteurs tels que Mark Twain, Ernest Hemingway, Ross MacDonald, Francis Scott Fitzgerald, Robert Bloch, Raymond Chandler, Roald Dahl ou Charles Dickens.


Pour plus d'information sur l'auteur:

© Photo: Susa (Literaturaren Zubitegia)

© Thailandiako noodle izugarriak: Alberdania

© Hollywood eta biok: Alberdania

© Ero hiria: Alberdania