URRETABIZKAIA, Arantxa

(Saint-Sébastien, 1947)




© Marijose Olaziregi

© Traduction: Fermin Arkotxa

Publié dans Transcript, 2005.




Les débuts dans la littérature d'Arantxa Urretabizkaia sont liés à la maison d'édition basque Lur. Historienne de formation, le journalisme constitue son activité principale ; c'est d'ailleurs dans ce domaine qu'elle a obtenu le Prix Rikardo Arregi. Elle a aussi bien publié de la poésie que des récits. Parmi ses recueils de poèmes, citons San Pedro bezperaren ondokoak (1972) et Maitasunaren magalean (1982). Dans San Pedro bezperakoen ondorenak, elle s'est essayé à la description de la fin l'adolescence à travers des poèmes très sensuels et empreints d'une grande musicalité. Parmi ses travaux en prose, relevons tout d'abord les romans Zergatik Panpox (1979) ; Saturno (1987), Koaderno gorria (1998) et, par ailleurs, le recueil de contes Aspaldian espero zaitudalako ez nago sekula bakarrik (1983), ainsi que le roman pour la jeunesse, intitulé Aurten aldatuko da nire bizitza (1992). Urretabizkaia est également l'auteur du scénario des films Albaniaren konkista (1983) et Lauaxeta (1987).

Le court roman Zergatik, Panpox (1979), est certainement son œuvre la plus connue et celle qui a mérité le plus d'éloges de la part de la critique. Il s'agit d'un roman lyrique captivant, écrit sous la forme d'un long monologue intérieur. Elle y narre les faits qui ponctuent une journée de la vie d'une mère et de son fils, âgé de sept ans, qu'elle appelle tendrement « Panpox », et qu'elle élève seule, depuis que son mari l'a quittée, cinq années auparavant. On peut rattacher l'univers littéraire de Zergatik, Panpox aux œuvres nées en France dans les années 1970, au sein du mouvement que l'on appelle communément le « féminisme de la différence ».

La prose lyrique de ce premier texte n'a pas eu de prolongement dans la suite de l'œuvre de cet auteur qui est allé jusqu'à s'approcher de la poésie réaliste dans son roman Saturno, publié en 1987, histoire d'amour entre un pêcheur alcoolique et Maïté, une infirmière, écrit dans un style traditionnel, sans grande complexité formelle.

Le dernier roman, d'Urretabizkaia, Koaderno gorria, (« Le Carnet rouge », 1998), s'insère dans le genre autobiographique, aujourd'hui adopté par de nombreuses femmes. C'est un passage de ce texte que nous avons choisi de traduire ici. Il s'agit, à notre avis, du roman le plus ambitieux de l'auteur, tout en étant celui dont le ton lyrique est le plus achevé. La Maternité en constitue le cœur de l'ouvrage et les interventions de la Mère, identifiée par une majuscule, émaillent tout l'univers du roman. Ce dernier est organisé sur deux plans. D'une part, il relate les événements de la vie de Laura Garate, que la Mère a envoyé à Caracas avec la mission de remettre un cahier à ses enfants. De l'autre, le lecteur est amené à lire la longue lettre que leur Mère leur écrit dans ce cahier rouge. Dans la mesure où la lettre leur est destinée, ce sont les enfants qui sont les récepteurs du contenu du texte, c'est-à-dire les narrataires et, par conséquent, ce sont eux qui enclenchent le mécanisme de la mémoire. Il faudrait placer, « Le cahier rouge » d'Urretabizkaia dans la tradition des romans qui s'attachent à sonder la voix des femmes et leur mémoire. Néanmoins, ce roman a la prétention d'aller au-delà de l'aspect physique ou psychologique de la maternité et tente également de mettre en relief les aspects sociaux et politiques que cet état implique. Pour le personnage principal, l'engagement politique a été inconciliable avec la maternité, et c'est précisément cela qui est souligné à maintes reprises tout au long du roman. Les moments privilégiés de sa vie de mère (grossesse, accouchement, maladies...) sont intimement liés aux événements politiques (campagne en faveur de l'amnistie des prisonniers, occupation de locaux et manifestations), aux engagements des personnages. Urretabizkaia nous livre ainsi, avec une grande maîtrise, la confession d'une femme à qui l'on a empêché d'allier engagement politique et maternité.




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© Photo: Susa (Literaturaren zubitegia)

© Zergatik panpox: Erein

© Koaderno gorria: Erein