Les autres littératures des basques

LES AUTRES LITTERATURES DES BASQUES

© Estibalitz Ezkerra Vegas (University of Illinois at Urbana-Champaign)

© Traduction: Nahia Zubeldia





Avant tout, il convient d'apporter une précision : cet article est né suite à la proposition de María José Olaziregi, coordinatrice de ce projet. De prime abord, la demande paraissait simple : rédiger un article sur les écrivains basques ayant développé leur parcours littéraire dans d'autres langues que l'euskara, pour être inclus dans un livre sur l'histoire de la littérature basque. Il se pourrait que cet éclaircissement paraisse suspect aux lecteurs et/ou lectrices, qui penseront peut-être qu'excusatio non petita culpa manifesta. Il n'en est rien. Le fait de révéler l'origine de l'article n'a pour but que de mettre en évidence le niveau de recul et d'éloignement qui existe encore aujourd'hui entre les littératures écrites par les auteurs basques, au point qu'une commande soit nécessaire pour qu'un texte soit écrit sur les réalités qui nous entourent1. On pourrait rétorquer que la langue a été et demeure le paramètre selon lequel les histoires littéraires se construisent. Il suffit de porter l'attention sur la terminologie employée pour la dénomination de la littérature basque. S'il a existé une certaine tendance à employer le terme de « littérature basque » comme équivalent de « euskal literatura », Koldo Mitxelena écrivit clairement que « la littérature basque ne peut être que la littérature écrite par les Basques pour les Basques » (54). C'est le mot « euskal » qui marque ce lien, puisque « euskal » ne peut concerner que ce qui est relatif à l'euskara. Si, d'après Mitxelena, « euskal literatura » ne peut être traduit par « littérature basque », il est logique que l'expression « écrivain basque » ne puisse être utilisée comme équivalent de « euskal idazle ».

Or, comment peut-on désigner les littératures écrites dans d'autres langues par les écrivains basques ? Mitxelena plaide pour l'emploi des adjectifs « erdal /erdarazko literatura » et « erdal idazle ». Mais la signification du mot « erdara » nous mène sur un terrain glissant. D'après le dictionnaire Elhuyar, on entend par « erdara » tout « idiome différent de l'euskara (fait souvent référence à la langue espagnole au Pays Basque Sud et au français au Pays Basque Nord) ». Mais il est fréquent de rencontrer ce terme pour désigner toute autre langue étrangère : même sur le site internet d'Artez, dont nous avons tiré la définition d'Elhuyar, une fois sélectionné l'onglet « erdarak », on trouve des liens pour des consultations dans d'autres langues que le français ou l'espagnol, comme l'anglais. On peut toujours alléguer qu'un même mot peut admettre plus d'un sens, mais on ne peut éviter la tentation de rechercher le lien (différentiel et référentiel) entre ces deux significations, l'une visant d'autres langues, l'autre les qualifiant directement d'étrangères. Il est évident que l'espagnol et le français sont perçus comme des entités non basques, bien que les habitants incapables de parler français ou espagnol--selon la région qu'ils habitent--, soient rares. D'un point de vue essentialiste, il est clair que l'espagnol et le français ne sont pas des langues basques ; la langue originaire d'Euskal Herria (entendu comme territoire comprenant les sept provinces basques) est, comme son nom l'indique, l'euskara. Mais cette vision ignore la réalité des habitants et habitantes basques, qui ne parlent pas que l'euskara. En d'autres termes, elle désigne une nation qui ne correspond pas à la réalité des sujets qui peuplent le territoire ; elle nomme au singulier une réalité linguistiquement plurielle (et qui le sera d?autant plus avec le temps).

Dans l'essai on ne peut plus célèbre Can the subaltern speak?, Gayatri C. Spivak défendait le fait de pouvoir recourir à ce qu'elle appelait « essentialisme stratégique » pour donner la parole à ces voix subalternes--terme que l'universitaire d'origine indienne emprunta à Gramsci--, qui avaient été réduites au silence par le colonialisme. Plusieurs de ses collègues qualifièrent sa proposition de malheureuse, puisque le post-colonialisme s'applique avant tout à démonter tout schématisme. Le paradoxe, dans ce domaine, c'est qu'il n'existerait pas sans un certain niveau d'essentialisme de départements d'anglais, par exemple2. De plus, ces voix critiques oubliaient un point très important : l'aspect stratégique. En effet, Spivak envisageait une alternative au status quo académique, mais, parallèlement, elle avertissait que cela devait représenter une alternative momentanée3. Spivak connaît bien le danger que représente le fait de s'accrocher à cette vision, comme celui de considérer le passé comme un objet ankylosé, où tout était toujours semblable, sans changement aucun. Cette idée du « passé éternel » présente des similitudes avec l'attitude de l'anthropologue traditionnel décrite par James Clifford, qui étudiait et analysait son objet, le locuteur natif, comme s'il s'agissait d'un élément ancré dans une espèce de passé/présent. Sa pratique l'empêchait de voir que le locuteur natif, en plus des racines (roots), possédait aussi des routes (routes) et qu'à travers la rencontre avec l'anthropologue ces routes s'étendraient d'autant plus. Par conséquent, essayer de récupérer le passé (objectif de tout essentialisme) est une tâche impossible, compte tenu non seulement de son éloignement, mais aussi de sa complexité sociale. C'est pourquoi chaque pas effectué dans cette direction ne peut être qu'une reconstruction, un renouvellement de l'acte imaginaire.

Naturellement, il faut souligner que toutes les langues parlées par les Basques ne se trouvent pas dans la même situation. Comme l'écrivit Martín Ugalde, l'euskara a été persécutée pendant des décennies, ce qui a entravé son développement normal4. C'est pourquoi il est nécessaire de prendre des mesures pour assurer sa survie. Mais le fait que l'euskara ait besoin d'aide ne doit pas nous retourner contre les autres langues ; si nous sommes capables de comprendre et de défendre l'euskara pour sa valeur culturelle, nous devons être capables de reconnaître cette même valeur aux autres langues (et l'on doit exiger la même chose des citoyens basques qui ne parlent pas euskara envers l'euskara ; le respect doit être mutuel). Mais ce n'est pas tout : nous devons être capables de comprendre que dans la mesure où nous utilisons ces langues, elles sont aussi les nôtres. Dans son célèbre Decolonising the Mind, Ngugi wa Thiong'o prend position pour les langues africaines, pour leur protection, sans pour autant nier que le français et l'anglais fassent désormais partie du continent. Il ne viendrait à l'idée de personne de dire que Chinua Achebe n'est pas un écrivain africain, parce qu'il écrit en anglais5. Je propose dans cet article une attitude postcoloniale6 qui nous aide à « lire » les différentes facettes qui composent la réalité basque. L'objectif du post-colonialisme n'est pas de recréer les choses comme elles étaient jadis, mais de comprendre les changements qui ont eu lieu dans l'espace « colonial » à partir du moment de « contact » et de chercher des solutions aux problèmes nés a posteriori, dans un esprit de justice. Une vision postcoloniale nous permettra d'aborder non seulement les écrivains basques qui écrivent en espagnol et en français, mais aussi les auteurs basques qui font partie de la diaspora (le sentiment basque n'existe pas seulement chez ceux qui vivent dans la géographie basque ; il n'existe pas de monopole sur les questions d'appartenance basque ou d'identité). Bien que ce thème mérite une étude exhaustive, pour des raisons d'espace, nous nous limiterons ici à citer brièvement les auteurs les plus significatifs des XXème et XXIème siècles.


Commençons notre parcours par la prose en langue espagnole ; nous citerons deux grandes figures de la génération de 98 : Miguel de Unamuno (Bilbao, 1864-Salamanca, 1936) et Pío Baroja (Donostia-San Sebastian, 1872-Madrid, 1956).

Miguel de Unamuno étudia la Philosophie et les Lettres à l'Université de Madrid, jusqu'en 1883. L'année suivante, il fut reçu docteur grâce à sa thèse « Critique du problème sur l'origine et la préhistoire de la race basque », dans laquelle il avança sa théorie sur l'origine des Basques, contraire aux affirmations de Sabino Arana et du nationalisme basque qui défendaient une race basque contaminée par aucune autre race. Son premier roman, Paz en la guerra (1895), se fait l'écho de ces hypothèses. Bien qu'elle se situe durant la troisième guerre carliste (que l'auteur connut dans son enfance), cette histoire n'a rien en commun avec la littérature historico-légendaire de la génération précédente, dont Amaya o los vascos en el siglo VIII (1879) de Navarro Villoslada. D'après Jesús María Lasagabaster, la littérature régionaliste des écrivains basques de 1998 « constituerait de fait le certificat de décès du fuerisme et du nationalisme littéraire des générations antérieures, de Trueba à Campión, en passant par Araquistain, Goizueta et Arana » (274). Unamuno écrivit par la suite les romans Niebla (1914), Abel Sánchez (1917), Tulio Montalbán (1920), San Manuel Bueno, mártir (1930) et Don Sandalio, jugador de ajedrez (1930), ainsi que quelques pièces de théâtre, dont Freda (1912), La Esfinge (1898) et El hermano Juan (1929).

Pío Baroja développa principalement le genre narratif, ce qui ne l'empêcha pas d'aborder fréquemment l'essai et plus rarement le théâtre, le genre lyrique ou la biographie. Il présenta dans ses romans une philosophie imprégnée du pessimisme profond d'Arthur Schopenhauer, tout en prêchant une certaine rédemption par l'action, dans la lignée de Friedrich Nietzsche ; d'où les personnages aventuriers et vitalistes présents dans la majorité de ses romans, mais aussi, plus rarement, des personnages apathiques et désabusés, comme Andrés Hurtado dans El árbol de la ciencia ou Fernando Ossorio dans Camino de perfección (pasión mística), deux de ses romans les plus achevés. Il finit par s'identifier aux doctrines libérales et par avoir en horreur le communisme, sans jamais abandonner ses idées anticléricales. En 1935, il fut admis à la Real Academia de la Lengua ; cela représenta peut-être le seul honneur officiel qui lui eût été rendu. En 1900, il publia son premier ouvrage, un recueil de nouvelles intitulé Vidas sombrías, la plupart des nouvelles ayant été écrites à Cestona à propos de personnes de cette région et de ses propres expériences en tant que médecin. Ce livre renferme les germes de toutes les obsessions qui jaillirent par la suite dans ses romans. L'auteur regroupa ses romans, quelque peu arbitrairement, en neuf trilogies et une tétralogie, malgré la difficulté du lecteur à y trouver des éléments communs : Tierra vasca (La casa de Aitzgorri, 1900 ; El mayorazgo de Labraz, 1903 ; Zalacaín el aventurero, 1909), La lucha por la vida (La busca, 1904 ; Mala hierba, 1904 ; Aurora Roja, 1905), El pasado (La feria de los discretos, Los últimos románticos et Las tragedias grotescas), El mar (Las inquietudes de Shanti Andía, 1911 ; El laberinto de las sirenas, 1923 ; Los pilotos de altura, 1931 ; La estrella del capitán Chimista, 1930), La raza (El árbol de la ciencia, 1911 ; La dama errante, 1908 ; La ciudad de la niebla, 1909), Las ciudades (César o nada, 1910 ; El mundo es ainsi (1912) ; La sensualidad pervertida: ensayos amorosos de un hombre ingenuo en una época de decadencia, 1920), Los amores tardíos (El gran torbellino del mundo, 1926 ; Las veleidades de la fortuna, 1927 ; Los amores tardíos, 1942), La selva oscura (La familia de Errotacho, 1932 ; El cabo de las tormentas, 1932 ; Los visionarios, 1932), La juventud perdida (Las noches del Buen Retiro, 1934 ; Locuras de carnaval, 1937 ; El cura de Monleón, 1936) et La vida fantástica (Aventuras, inventos y mixtificaciones de Silvestre Paradox, 1901 ; Camino de perfección (pasión mística), 1901 ; Paradox rey, 1906).

Entre 1913 et 1935 il publia 22 volumes d'un long roman historique, Memorias de un hombre de acción, sur la vie de l'un de ses ancêtres, le conspirateur et aventurier libéral et franc-maçon Eugenio de Aviraneta (1792-1872), qui raconte les évènements principaux de l'histoire espagnole du XIXème siècle, de la Guerre d'Indépendance à la régence de María Cristina, en passant par le règne tumultueux de Ferdinand VII.


Parmi les auteurs nés au début du XXème siècle, signalons Rafael García Serrano (Pampelune, 1917), Antonio Menchaca Careaga (Areeta, 1921-2002), Bernardo Arrizabalaga (Markina, 1923), Ignacio Aldecoa (Vitoria-Gasteiz, 1925-Madrid, 1969), Luis Martín-Santos (Larache, Maroc, 1924-Vitoria-Gasteiz, 1964), Ramiro Pinilla (Bilbao, 1923), Luis de Castresana (San Salvador del Valle, 1924-Basurto, 1986), Pablo Antoñana (Viana, 1927), Santiago Aizarna (Oiartzun, 1928) et José María Mendiola Insausti (Donostia-San Sebastián, 1929-2003).

Rafael García Serrano était journaliste de profession. Son oeuvre romanesque abondante débuta en 1983 par Eugenio o la proclamación de la primavera, roman décrivant avec radicalité les préludes de la Guerre Civile. Puis suivirent les romans La fiel infantería (1943), La plaza del castillo (1951), Los ojos perdidos (1958), La paz dura quince días (1960) et La ventana daba al río (1963), qui suivraient la voie tracée par son premier roman, c'est-à-dire l'exaltation des combattants et la critique de la passivité, la mort héroïque et l'apologie de la guerre et de la violence. Son denier roman, V Centenario (1986), est une œuvre de fiction politique qui met en scène le Vème centenaire de l'unité de l'Espagne.

Antonio Menchaca fut marin de guerre de profession et écrivain de vocation. Durant la dictature franquiste, il séjourna en prison, comme d'autres défenseurs de la démocratie. Dans Las horas decisivas: Memorias (1992), il raconte son séjour dans la prison de Carabanchel avec le professeur Tierno et Francisco Herrera. Parmi les romans de Menchaca, nous soulignerons une trilogie sur le Bilbao de la classe dominante, qui embrasse une période de cent ans à partir de la dernière guerre carliste (1870) : Las cenizas del esplendor (2002), Amor siempre asediado (1989) et La crisálida (1995). Menchaca est aussi l'auteur des romans Mar de fondo (1959), qui fut finaliste du prix Nadal, et Resucitar en Palermo (1990).

Bernardo de Arrizabalaga travailla comme journaliste dans des publications telles que Hermano lobo, Egin et Triunfo. Son premier roman, Los Barroeta, fut finaliste (avec le titre de El hijo de Itziar) du concours Villa de Bilbao. Un jury présidé par Torrente Ballester recommanda alors la publication du roman, qui demeure pourtant inédit. Sa dernière oeuvre, En el principio era el roble, est un long roman qui reconstitue l'histoire d'une famille basque assez typique à travers Javier Egurola, ancien militant de l'ETA. Ce travail lui valut le prix Pío Baroja du roman décerné par le Gouvernement Basque.

Ignacio Aldecoa écrivit d'abord des poèmes, mais se tourna rapidement vers le roman, genre dans lequel il se distingua notamment par ses récits. Il est aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs auteurs de nouvelles espagnols du XXème siècle. Il a écrit plusieurs recueils de nouvelles, parmi lesquels figurent Espera de tercera clase (1955), Vísperas del silencio (1955), El corazón y otros frutos amargos (1959), Caballo de pica (1961), Arqueología (1961), Cuaderno de Godo (1961), Neutral corner (1962) et Pájaros y espantapájaros (1963). Son parcours littéraire s'inscrit dans le courant néoréaliste, né en Espagne dans les années 1950, et décrit le monde des défavorisés et des désemparés. Aldecoa publia également plusieurs romans : El fulgor y la sangre (1954), finaliste du Prix Planeta, Con el viento solano (1956), Gran Sol (1957), prix de la Critique, et Parte de una historia (1967).

D'après Alfonso Rey (222), l'oeuvre de Luis Martín-Santos (Luis Martín Ribera de son vrai nom, mais qui se rebaptisa Luis Martín-Santos Ribera selon la volonté de son père Leandro) s'articule autour de trois axes : les études de médecine, les essais et la création littéraire. Il écrivit sur la chirurgie et la psychiatrie plus de cinquante articles et deux livres. Dans le domaine strictement littéraire, il écrivit de la poésie, des récits et un roman. Tiempo de silencio fut publié en 1962 et supposa une révolution dans le paysage romanesque de son époque. Ce roman présenta en effet plusieurs nouveautés stylistiques, comme le monologue intérieur, l'usage de la deuxième personne, le style indirect libre ou le courant de conscience, procédés littéraires tentés dans le roman européen depuis James Joyce, mais étrangers au réalisme social d'usage à l'époque. Tout cela contribua à ce que Martín-Santos lui-même appela « réalisme dialectique ». Ses récits sont recueillis dans un volume posthume intitulé Apólogos (1970). Martín-Santos mourut pendant l'écriture de son second roman, Tiempo de destrucción, publié à titre posthume.

Le nom de Ramiro Pinilla résonna réellement dans le monde littéraire après son obtention du prix Nadal en 1960 avec Las ciegas hormigas. Avec J. J. Rapha Bilbao, il créa Libropueblo, une maison d'édition dont l'objectif fut, dès sa création, de rapprocher les livres des citoyens. Il y publia Recuerda, oh recuerda (1974), Primeras historias de la guerra interminable (1977), La gran guerra de Doña Toda (1978), Andanzas de Txiki Baskardo (1980), Quince años (1990) et Huesos (1997). Il publia ensuite, chez Tusquets, la trilogie Verdes valles, colinas rojas (2005), composée de La tierra convulsa, Los cuerpos desnudos et Las cenizas del hierro, une fresque ambitieuse sur l?histoire récente du Pays Basque et du nationalisme, en plus d'être un portrait pertinent de Getxo, sa ville natale. Pinilla obtint le prix Euskadi du roman en espagnol pour La tierra convulsa en 2005, puis le Prix National espagnol du Roman, en 2006, pour Las cenizas del hierro. Citons, parmi ses récents ouvrages, La higuera (2006) et Solo un muerto más (2009).

José María Mendiola obtint sa maîtrise de Droit à l'Université de Deusto et fut conseiller juridique de l'Association de Protection des Mineurs de Biscaye. Il occupa les postes de rédacteur et de critique littéraire du journal El Diario Vasco de San Sebastián. Mendiola atteignit le sommet du succès littéraire en 1962, avec l'obtention du Prix Nadal pour son roman Muerte por fusilamiento. Il publia par la suite les romans Maldito funcionario (1974), Las delicias del exilio (1984), qui raconte l'exil de J. Domingo Perón, et En busca de la experiencia de Dios (1988). Il donna un nouveau tournant à sa production littéraire dans les années 90 en se consacrant au roman jeunesse, domaine dans lequel il connut un grand succès.

Luis de Castresana faisait partie des enfants connus sous le nom d'« enfants de la guerre », que le gouvernement de José Antonio Aguirre décida d'envoyer à l'étranger--en France, en Belgique ou en Russie--pour leur éviter les horreurs de la guerre civile (1936-1939). Il se basa sur cette expérience pour écrire son livre le plus célèbre, El otro árbol de Guernica, qui lui valut le Prix National de Littérature en 1967 et fut adapté au cinéma par Pedro Lazaga en 1969. Un an après, l'auteur fut finaliste du Prix Planeta pour Retrato de una bruja. Castresana fut un auteur prolifique et aborda, en plus du roman, les genres de la biographie et de l'essai.

La spécificité des travaux de Pablo Antoñana réside dans la dénonciation sociale. Son premier roman, El capitán Cassou, obtint le prix Acento du roman court en 1959. L'ouvrage est basé sur un épisode de la Guerre Civile : la folie d'un capitaine qui ordonna qu'on fusillât son assistant et qui, pris de remords, se rendait chaque jour sur sa tombe pour vérifier qu'il était bien mort. Dans son ouvrage suivant, No estamos solos (1961), il établit le lien entre « le thème de la Guerre et les conditions sociales qui ont une incidence sur les personnages, dans une attitude de dénonciation critique qui sera présente par la suite dans toute son oeuvre » (Martín Nogales, 111). Le roman en question part de la dernière guerre carliste, au moment où les perdants retournent chez eux. Citons par ailleurs les livres La cuerda rota, finaliste du prix Nadal en 1962, le drame rural El sumario, Pequeña crónica et Relato cruento. En 1996, Antoñana reçut le prix Príncipe de Viana pour l'ensemble de son oeuvre.


Années 30 et 40 : Raúl Guerra Garrido (Madrid, 1935), Jorge González Aranguren (Donostia-San Sebastián, 1938), Ángel García Ronda (Donostia-San Sebastián, 1939), Luciano Rincón, Anthon Obeso, Germán Sánchez Espeso (Pampelune, 1940), Rafael Castellano de la Puente (Deba, 1943), J. J. Rapha Bilbao (Getxo, 1943), Manuel Blanco Chivite (Madrid, 1945), Toti Martínez de Lezea (Vitoria-Gasteiz, 1949).

Raúl Guerra Garrido écrivit son premier roman, Ni héroe ni nada, en 1969 ; il a depuis publié une vingtaine d'ouvrages. Il remporta le Prix Nadal en 1976 pour Lectura insólita de El Capital et fut finaliste du Prix Planeta en 1984 pour El año del Wolfram. En 1987, il publia La mar es una mala mujer, considérée par la critique comme son oeuvre la plus achevée, qui fut adaptée au cinéma sous le titre Terranova. Le livre raconte la lutte d'Antxon contre le temps. La violence terroriste constitue l'un des grandes axes de Guerra Garrido ; il l'a abordée dans La carta (1990) ou plus récemment dans La soledad del ángel del guarda (2007), portrait psychologique d'un homme qui devient l'ombre d'un professeur menacé par le terrorisme, qui lui valut le Prix National des Lettres Espagnoles en 2006.

Le premier roman d'Ángel García Ronda, La levadura (1979), est une analyse sur l'origine de la violence de l'ETA, écrite en pleine effervescence de la Transition politique. García Ronda est aussi l'auteur du roman Garibaldi está cansado (1989) et du recueil de nouvelles Las Soledades (1995). Dans le domaine de l'essai, il a abordé différents thèmes : La transformación de la foralidad guipuzcoana (1837-1844) (1991) est une étude du régime foral basque du XIXème siècle ; en 1998, il publia un essai sur l'oeuvre de son ami l'écrivain Raúl Guerra Garrido, qui lui valut le Prix National des Lettres Espagnoles en 2006. Sa dernière oeuvre, intitulée La respuesta (2006), est une réflexion sur le conflit basque, fondée sur une épître.

Germán Sánchez Espeso démarra sa carrière littéraire par le roman Experimento en Génesis (1967), écrit sous l'influence du Nouveau Roman. L'ouvrage en question met en scène un homme solitaire qui décide d'entrer en contact avec le monde qui l'entoure, sujet lié à la thématique exposée dans la Genèse de la bible : la rencontre du premier homme avec la première femme et le monde. Avec Experimento en Génesis, Sánchez Espeso lança une pentalogie fondée sur le cycle biblique du Pentateuque et comprenant les volumes suivants : Síntomas del Éxodo (1969), Laberinto Levítico (1972), De entre los Números (1978) et Baile de disfraces (1983, titre original : Deuteronomio de salon). En 1978, l'auteur reçut le Prix National espagnol, pour Narciso. Il publia par la suite une trilogie située en Espagne impériale, dont il n'écrivit finalement que les deux premiers tomes : ¡Viva el pueblo! (1981) et La reliquia (1983), ce dernier demeurant inachevé. Il a également publié le recueil de nouvelles Paraíso (1981) et le roman Pollo frío en la nevera (1984), sur les relations personnelles entre un psychiatre et ses patients.

Bien qu'il publiât son premier ouvrage relativement tard (le roman La calle de la judería sortit en 1998), Toti Martínez de Lezea représente aujourd'hui un véritable phénomène de masse, grâce au succès de ses romans historiques. Il a publié à ce jour huit ouvrages : la susdite La calle de la judería, qui raconte la vie d'une famille judaïque convertie de Vitoria au XVème siècle ; Las torres de Sancho (1999), située à l'époque de Sanche III le Grand, roi de Navarre au XIème siècle ; La herbolera (2000), sur la chasse aux sorcières de Durango en l'an 1500 ; El señor de la guerra (2001), qui raconte la lutte des clans au Pays Basque et l'incendie de Mondragón en 1448 ; La abadesa (2002), sur la vie de la fille illégitime de Ferdinand le Catholique et d'une femme de Bilbao ; Los hijos de Ogaiz (2002), située au XIVème siècle à Estella, à l'époque de la peste noire ; La voz de Lug (2003), qui raconte les guerres entre Asturiens et Cantabriques au Ier siècle avant J.C., et La comunera (2003), qui a lieu pendant la guerre des Communautés de Castille au début du XVIème siècle.


Années 50 : Miguel Sánchez-Ostiz (Pampelune, 1950), Antonio Altarriba (Zaragoza, 1952), Miguel González San Martín (Muskiz, 1953), Enrique Gutiérrez Ordorika (Santurtzi, 1953), Paloma Díaz-Mas (Madrid, 1954), Esther Zorrozua (Bilbao, 1955), Luisa Etxenike (San Sebastián, 1957), José Javier Abásolo (Bilbao, 1957), María Eugenia Salaverri (Bilbao, 1957), Fernando Marías (Bilbao, 1958), José Luis Urrutia (Bilbao, 1958), Alvaro Bermejo (San Sebastián, 1959), Fernando Aramburu (Donostia-San Sebastián, 1959) et Juan Bas (Bilbao, 1959).

Miguel Sánchez-Ostiz a publié des recueils de poésie (Pórtico de la fuga, 1978 ; Travesa de la noche, 1983 ; De un paseante solitario, 1985 ; Reinos imaginarios, 1986), des romans (Los papeles del ilusionista, Prix Navarra du roman court, 1981 ; El pasaje de la luna, 1984 ; Tánger Bar, 1987 ; La quinta del Americano, 1987 ; La gran illusion, Prix Herralde, 1989), et plusieurs livres de bord. Le passé est toujours présent dans les romans de l'auteur navarrais, bien qu'il n'en ait pas une vision nostalgique ou sentimentale ; pour Sánchez Ostiz, « retourner au passé, c'est rencontrer un échantillon d'ombres, un ensemble de portraits délavés et de visages flous ; c'est fouiller dans la mémoire, faire face à l'oubli et envisager le pouvoir dévastateur du passage du temps » (Martín Nogales, 301).

Antonio Altarriba est professeur de littérature française à l'Université du Pays Basque. Il a écrit divers articles et livres sur la bande dessinée ; il a lui-même publié des albums de bande dessinée, tels qu'Amores locos (2005) et El brillo del gato negro (2008). Quant à la fiction, il a publié entre autres Cuerpos entretejidos (1996) et La memoria de la nieve (2002), qui lui valut le Prix Euskadi de Littérature en espagnol en 2003. Son dernier livre paru est un roman graphique, El arte de volar (2009), élaboré en collaboration avec le dessinateur Kim.

Paloma Díaz-Mas fut professeure de littérature du siècle d'or espagnol à l'Université du Pays Basque pendant plusieurs années ; elle est aujourd'hui scientifique titulaire de l'Institut de la Langue Espagnole du Conseil Supérieur de Recherches Scientifiques (CSIC) de Madrid. Elle est spécialisée dans la langue et la littérature séfarades et a écrit plusieurs études sur la culture séfarade, ainsi que sur la Romance et la poésie espagnole traditionnelle. Son essai Los sefardís: Historia, lengua, cultura fut finaliste du Prix National de l'Essai. En 2000, elle reçut le Prix Euskadi de littérature en langue espagnole, pour le roman La tierra fértil (1999).

Luisa Etxenike est titulaire d'une maîtrise de Droit. Elle écrit des colonnes dans El País et dirige depuis quelques années un atelier d'écriture créative. Elle a publié le recueil de nouvelles La historia de amor de Margarita Maura et les romans Silverio Girón, Querida Teresa, Efectos secundarios, El mal más grave, Ejercicios de duelo et Los peces negros, publiés par Bassarai et accueillis avec attention par les lecteurs et la critique spécialisée. En 2008, elle publia chez Bruguera El ángulo ciego, qui met en scène un jeune homme dont le père, garde du corps de profession, a été assassiné par l'ETA.

Fernando Marías débuta son parcours d'écrivain par des scénarios pour la télévision. Il publia en 1990 son premier roman, La luz prodigiosa, qu'il adapta par la suite au cinéma. Il a écrit depuis une dizaine de romans, dont El niño de los coroneles (2001), qui met en scène un Français qui collabora avec les nazis et qui prit la fuite après la seconde guerre mondiale vers la république centraméricaine imaginaire de Leonito, et Jean Laventier, psychiatre qui le poursuit inlassablement durant des décennies ; ce roman lui valut le Prix Nadal en 2001. Il est aussi l'auteur d'Invasor (2004), Prix Dulce Chacón du Roman Espagnol en 2005.

Álvaro Bermejo a une préférence pour les thèmes historiques. Il a reçu différents prix, dont le Pío Baroja du Roman (1993), pour Benares, l'Ateneo du Roman (2001), pour La piedra iman, et l'Ateneo du Roman Historique, pour Un pez en el Tíbet, voyage littéraire mettant en scène un archéologue qui envisage la possibilité que Jésus Christ n'ait pas trouvé la mort sur la croix du mont Calvaire.

Fernando Aramburu devint célèbre grâce à Fuegos con limon (1996), chronique d'une génération d'écrivains située à Donostia-San Sebastián dans les années 1970. Il a publié depuis les romans Los ojos vacíos (2000), qui lui valut le Prix Euskadi de littérature en espagnol ; El trompetista de Utopía (2003, adapté au cinéma par Félix Viscarret sous le nom de Bajo las estrellas) ; Vida de un piojo llamado Matías (2004) et Bami sin sombra (2005). En 2006, il publia le recueil de nouvelles Los peces de la amargura, sur les victimes de l'ETA, qui lui valut le prix Dulce Chacón du Roman Espagnol en 2007 et le prix Real Academia Española en 2008. Aramburu est également l'auteur de plusieurs recueils de poèmes.

Juan Bas a fait des études de Droit à l'Université de Deusto, sans toutefois les mener à terme. Il s'est lancé dans l'écriture en 1981 avec une série de scénarios pour la radio Radio 3. Il publia en 2001 son recueil de nouvelles La taberna de los 3 monos, dont les récits tournent toujours plus ou moins autour du poker. Il a publié par la suite les romans El oro de los carlistas (2001), situé dans le Bilbao assiégée par les troupes de Zumalacárregi ; Glabro, legionario de Roma (2002) ; Alacranes en su tinta (2002), critique féroce du nationalisme basque ; et Voracidad (2006), où il raconte de manière satyrique la réalité contemporaine et les produits médiatiques actuels. Avec Voracidad, Bas obtint le prix Euskadi de littérature en langue espagnole, en 2007. Il est également l'auteur de La cuenta atrás (2004), biographie romancée du boxeur Urtain.


Années 60 et 70 : Pedro Ugarte (Bilbao, 1963), Fernando Palazuelos (Bilbao, 1965), Oscar Alonso Álvarez (Bilbao, 1967), Alber Vázquez (Rentería, 1969), Juan Manuel de Prada (Barakaldo, 1970), Agustín Vicente (Bilbao, 1970), J. M. Isasi Urdangarin (Bilbao, 1970), Espido Freire (de son vrai nom María Laura, Bilbao, 1974) et Ander Izagirre (Donostia-San Sebastián, 1976).

Pedro Ugarte reçut le Prix Nervión de Poésie pour Incendios y amenazas (1989). Son recueil de poèmes suivant fut El falso fugitivo (1991). Il a par ailleurs publié plusieurs recueils de nouvelles : Los traficantes de palabras (1990), Noticias de tierras improbables (1992), Manual para extranjeros (1993), La isla de Komodo (1996) et Materiales para una expedición (2003). Son premier roman, Los cuerpos de las nadadoras (1996), fut finaliste du Prix Herralde et obtint le Prix Euskadi de littérature en espagnol en 1997.

Son premier roman, La trastienda azul (1998), valut à Fernando Palazuelos le Prix Torrente Ballester, le Prix Ciudad de la Laguna et le Prix Tigre Juan du premier roman. Ses romans suivants, Papeles de penumbra (2001), qui met en scène un psychologue analysant l'influence de son patient sur lui, et Las manos del ángel (2006), réflexion sur le conflit de l'identité personnelle sur une terre cherchant son identité nationale, reçurent d'excellentes critiques. Il a par ailleurs écrit la pièce de théâtre Billete a Vidanueva (2006) et les romans Pura chatarra (2007), qui constitue, d'après l'auteur lui-même, « une ode à la liberté, au calme et à la vie simple », et Ianua Caeli (La puerta del cielo) (2008).

A vingt-cinq ans, Espido Freire reçut le Prix Planeta (1999) pour Melocotones helados, devenant la plus jeune auteure récompensée par ce prix. Le roman met en scène une jeune femme peintre qui, après avoir abandonné sa maison suite à des menaces de mort d'origine inconnue, s'installe chez son grand-père. Avant cet ouvrage, Espido Freire avait publié deux romans : Irlanda (1998), qui lui valut le prix Millepage, et Donde siempre es octubre (1999). Elle a par ailleurs écrit Diabulus in Musica (2001), Nos espera la noche (2003), La diosa del pubis azul (2005) et Soria Moria (2007, Prix Ateneo de Sevilla). Son oeuvre aborde l'ambiguïté des apparences, le bien selon les valeurs sociales et la fascination du mal, à travers des mondes magiques ou la vie quotidienne, créant des univers très complexes et des temps inexistants qui demandent des efforts au lecteur.




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