LIZARRALDE, Pello
(Zumarraga, 1956)

« Quand je suis né presque tous mes compatriotes avaient abandonné la faux et les houes. Mon père fit le choix de se mettre au volant d'un camion. J'ai passéun nombre d'heures incalculable sur la route ou dans le train. J'ai fait beaucoup de rêves mais jamais celui d'être écrivain professionnel.
Grâce aux revues Zeruko Argia et Argia j'ai eu l'occasion d'apprendre, et les éditions Ustela m'ont permis de publier mon premier livre. J'en ai publié six et j'ai du mal à parler de ce que j'ai écrit. Je vivrais plus mal qu'aujourd'hui si je devais cesser d'écrire, mais j'aurais beaucoup de mal à survivre si je ne pouvais plus lire. Parmi les écrivains et les amateurs de littérature j'ai rencontré des gens très aimables, mais je sens que j'ai peu de complices.
Quand j'entends dire maintenant que je suis écrivain, je rougis moins qu'avant. J'ai envie de continuer à écrire et je ne suis pas pressé. »
(Lizarralde, P., 2005, " Biographie ", in Olaziregi, M.J.(ed.), Pintxos. Nouveaux contes basques, Lengua de Trapo, Madrid)
« Un ange passe de Pello Lizarralde complète l'anthologie. Sa prose minimaliste a un grand pouvoir de suggestion et parvient à créer des ambiances réellement émouvantes.
Comme il l'avait fait dans son roman Larrepetit (" Langosta ", 2002), Lizarralde met en scène à nouveau des personnages qui fuient, toujours en transit... Peu de chose arrivent réellement dans ses histoires, peu de choses, hormis ce regard omniprésent, ce faisceau narratif qui détaille et s'arrête de façon presque obsessive sur les mouvements et les gestes apparemment les plus insignifiants. Le livre de contes Sargori (" Bochorno ", 1994) est un excellent exemple de la puissance poétique de la prose de Lizarralde et de sa capacité pour créer une atmosphère angoissante. Un auteur remarquable, sans doute, et dont la trajectoire a été reconnue récemment lorsqu'il a reçu le Prix Euskadi de Littérature (2003) et le Prix de la Critique (2003) pour le roman déjà mentionné Larrepetit. »
(Olaziregi. M. J., 2005, " Prologue ", in Pintxos. Nouveaux contes basques, Lengua de Trapo, Madrid)
« Le style de Lizarralde se distingue par sa légendaire concision, sa précision et son objectivité. Il est méticuleux et exact dans sa façon de décrire les mouvements, les gestes et les détails destinés à nourrir artistiquement la narration. En 1984, il a publié sa première nouvelle, E pericoloso Sporgersi. Le savoir-faire du narrateur gagne sans tarder la confiance du lecteur, qu'il mène d'une main ferme vers le dénouement où Jose Azkue, personnage pacifique et terne, marié, deux enfants, étrangle inopinément une femme au cours d'un voyage d'affaires.
Hatza mapa gainean (" Le doigt sur la carte ", 1988) décrit une fuite sans fin. Max et Beatriz fuient un troisième personnage qui les poursuit et qui répond au nom de Beltza. Il s'agit d'un récit béhaviouriste (...). L'importance que le paysage acquiert au cours du périple narratif des personnages est décisive. Dans cette oeuvre, comme dans Larrepetit, publié quatorze ans après, on retrouve la même intention esthétique. Les deux récits sont le fruit d'une même intuition et d'une même recherche artistique. »
(Aldekoa, I., 2004, Histoire de la littérature basque, Erein, Donostia, pag.221)
Plus d'information sur l'auteur :
- Pour voir des oeuvres traduites de l'auteur, aller à la Liste de livres traduits du basque de cette page web.
- La page web de EIE (Association d'écrivains basques).
- Literaturaren zubitegia, sur la page web de " armiarma ".
© Photo : Zaldi Ero
