SARRIONANDIA, Joseba

(Iurreta, 1958)

« Joseba Sarrionandia est licencié en Langue Basque, collaborateur régulier de journaux et de revues littéraires, traducteur, membre correspondant de l'Académie de la Langue Basque et co-fondateur avec Atxaga et d'autres écrivains, du groupe littéraire Pott. Accusé d'appartenir à l'organisation ETA, il fut emprisonné en 1980 jusqu'à son évasion en 1985. Sa trajectoire littéraire, outre les genres traditionnels (poésie, narration, essai), privilégie la recherche, propose des textes hybrides représentatifs d'une conception innovatrice de la littérature. Ni ez naiz hemengoa (" Je ne suis pas d'ici ", Hiru, 1985), Marginalia (1988), Ez gara geure baitakoak (" Nous ne nous appartenons pas nous-mêmes ", 1989) et Han izanik hona naiz (" C'est de là-même que je viens ", 1992) sont quelques-unes de ses oeuvres qui illustrent bien cette tendance hybride. D'autres textes nous rappellent que Sarrionandia est un poète reconnu qui mérite une place de choix dans le panorama actuel de la littérature basque. À la lecture de ses recueils de poèmes -Izuen gordelekuetan barrena (" Dans les refuges de la peur ", 1984), Marinel zaharrak (" Vieux marins ", 1987), Gartzelako poemak (" Poèmes de prison ", 1992) et Hnuy illa nyha majh yahoo (1995)- on se rend compte que Sarrionandia est un voyageur infatigable des géographies littéraires, un marin ébloui par un océan d'idées poétiques. Narrazioak (" Narrations ", 1983), Atabala eta euria (" Le tambour et la pluie", 1986) et Ifar Aldeko orduak (" Les heures du nord ", 1991) sont ses livres de contes les plus connus ».

(" Biographie ", in Olaziregi, M.J. (ed), 2005, Pintxos. Nouveaux contes basques, Lengua de Trapo, Madrid)


« Je n'ai jamais pris la décision d'être écrivain. A mes tout débuts, écrire n'était pas un métier ; je n'étais qu'un étudiant, et l'écriture représentait pour le militantisme généreux de l'époque, une autre façon d'aborder les champs de la politique et de la culture. Du point de vue de certaines perspectives professionnelles actuelles, ce militantisme peut apparaître comme un sacrifice, et même susciter un sentiment de pitié, mais nous vivions heureux, comme les amants sans le sou. En prison, j'ai continué à écrire, j'étais un forçat de métier et j'écrivais pour oublier un peu ma condition. Ensuite, de nouveau libre, libre d'une certaine manière, je n'ai eu d'autre issue que celle d'être fugitif de profession, et rien n'a été ni n'est plus présent dans ma vie que l'écriture. Mais je ne dirais pas que je suis écrivain de profession, du moins pas encore. Si je le suis, c'est dans cet autre sens que lui a donné Thomas Mann, dans la mesure où écrire reste pour moi une chose difficile et qui me coûte. »

(Etxeberria, Hasier, Cinq écrivains basques. Entretiens de Hasier Etxeberria, Alberdania, 2002, page 25)


« Sa prose est une prose poétique emplie de métaphores et d'images suggestives, qui incorpore des éléments fantastiques et des références des légendes et des contes traditionnels. Le lecteur y trouvera des sirènes et de vieux marins qui révèlent les affinités de l'auteur avec des auteurs comme Samuel Taylor Coleridge ou Herman Melville, des personnages comme Guenièvre ou Galaad qui rendent hommage au cycle arthurien, des décors lugubres qui rappellent les récits de Poe, ou des contes méta narratifs originaux. C'est justement un vieux marin qui est le personnage principal du conte que nous avons inséré dans cette anthologie et bien qu'on n'aperçoive aucun albatros de mauvais augure tournoyant autour des personnages (comparer avec Coleridge), le lecteur appréhendera le dénouement fatal de l'histoire. Avec ce récit, deux micro-récits faisant partie du livre Ez gara geure baitakoak (" Nous ne nous appartenons pas à nous-mêmes ", 1989) complètent la sélection. Il s'agit de textes plus récents qui visent à montrer l'évolution manifeste de l'auteur vers des formes poétiques et des voix plus postmodernes amies de l'ironie et du pastiche. On perçoit dans ces très courts récits la tendance de l'auteur pour les formes hybrides, Sarrionandia y fait preuve d'une pénétration et d'une intensité remarquables. Le premier d'entre eux, " Combat de moutons " a inspiré le court-métrage qui a été intégré au film intitulé La pelote basque, de Julio Medem. Le second, " Durango 1937 ", a la force et la violence des évènements qui y sont relatés. »

(Olaziregi, M.J., 2005, " Prologue ", in Pintxos. Nouveaux contes basques, Lengua de Trapo, Madrid)


Informations additionnelles sur l'auteur :

© Kolosala izango da : Txalaparta

© Akordatzen : Txalaparta

© Hitzen ondoeza : Txalaparta